ACIER
La toiture nuageuse
Rode depuis le matin.
Comme elle happe, cette gueuse,
Mes pensées en chemin...
Sa lourde pesanteur,
Ici, rompt
Les fils conducteurs
Et corrompt
Les belles logiques.
Elle instrumentalise
Les nerfs électriques.
Fichtre, elle immobilise
La simple volonté.
Sa langue de sommeil
M’ordonne d’arpenter
A vif ! un état de veille.
La lumière est engloutie,
Les reliefs sont aplatis,
Les couleurs se confondent
Jusque dans leurs ondes.
Le décor est aphone,
Et je le résonne
Un interminable instant.
Fidèle involontairement.
Et puis je la secoue.
Je la déraisonne.
Je l’assaisonne
De sons à la mettre debout.
Je l’ignore,
Je la sors
De mon corps,
Je désintoxique
Ma cage thoracique,
Enfin ! Je reprends possession
De ma concentration.
Le soir tombe.
Ma journée succombe.
Pourtant je veux la remplir
Avant de dormir.
Ecrire.
Christine Fayolle