Air d'été

 

 

 

 

L’air en ce petit matin

m’enveloppe

Humide et collant

Comme la langue râpeuse

D’un petit chaton gris.

Entre frais et tiède,

Il est… bruissement

Des silences…

 

Puis il se sucre lentement

Et la lumière tendre

Laisse percevoir

Tous les décollages

Et les vols affairés.

Je ne bouge pas.

Je lis, je hume.

 

 

 

À présent, l’air se réveille

Les engrenages

Cigales  le font vibrer

Et la pulsation de la ville

L’accompagne.

 

 

 

La tiédeur chaude

Exhale la friandise

Des figuiers

L’air se fait lourd

Sur ma langue

je sais que plus tard

Il brulera mon thorax.

Il pèsera sur ma tête

Comme pour m’enraciner

M’immobiliser dans cette nature suffocante

Mais fournie.

 

 

 

Enfin au soir,

 

Il se fera bleu sombre,

 tiède toujours

 et il  accueillera le vol anarchique

 mais étonnamment  silencieux

 des pipistrelles

 Il aura alors juste

 une discrète consistance

de sommeil.

 

 

 

 

 

 

Christine Fayolle